vendredi 7 août 2009

Sécurité privée,
Sécurité publique : désordre
 et/ou  complémentarité ?
Les rapports, enquêtes, études et autres réflexions ne sont pas faits pour rester lettres mortes mais pour enrichir le débat, confronter les idées, éclairer les décideurs publics comme privés. Voilà pourquoi, je veux vous faire part des recommandations d'un des "Groupes de Diagnostic Stratégique" de la promotion 2008-2009 de l'INHES-Institut National des Hautes Études de Sécurité dont j'ai eu l'honneur d'être membre en tant qu' auditeur cette année lors de sa XXeme session.

Fruit d'un travail collectif réunissant une quinzaine de professionnel issus du privé comme du public, ce rapport avait pour thème : "SECURITE D’ETAT, SECURITE, MUNICIPALE, SECURITE PRIVEE : COMPLEMENTARITE OU DESORDRE".
Ne laissons pas aux spécialistes et autres experts l'exclusivité de travaux qui concernent directement les praticiens.
N'hésitez pas à réagir, à me faire part de vos remarques, critiques afin qu'enfin nous soyons partie prenante de notre avenir et pesions sur les décisions en les orientant dans le bon sens.
Extraits synthèse sources INHES 2009 :
"PRINCIPALES PROPOSITIONS du rapport GDS 7, INHES XXème session
Pour améliorer la complémentarité et réduire les risques de désordres entre les trois acteurs de la sécurité, le groupe de travail préconise les actions suivantes :

- Envisager enfin la création au sein du Ministère de l’intérieur, d’une entité, département ou service, entièrement dédiée à la sécurité privée.
- Étudier l’opportunité de création d’une structure indépendante d’observation, d’analyse et d’actions du secteur privée, rassemblant autour des acteurs sociaux de la branche (syndicats professionnels et salariés), l’ensemble des partenaires publics concernés (police / gendarmerie et polices municipales).
- Faire émerger une culture commune de sécurité générale entre les forces en présence, éventuellement, en ouvrant au secteur privé sa manifestation annuelle journée de la sécurité intérieure (JSI) ou encore en créant un évènement spécifique.
- Constituer avec la direction générale de la formation de la police nationale, celle de la gendarmerie, le forum français de la sécurité urbaine et le CNFPT, un groupe de travail afin de créer un module spécifique sur le rôle et les missions de chacun des partenaires et de leurs missions complémentaires, et ce en vue d’améliorer la connaissance et la reconnaissance mutuelle.
- Mettre en œuvre et activer un réseau de représentants, légitimes, indépendants et non partisans du secteur privé notamment au sein des dispositifs locaux, départementaux, régionaux … de concertation et coproduction de sécurité particulièrement : CLPD, GLTD, CLSPD, mais aussi en direction de toutes les organisations et institutions concernées par le métier.

mercredi 5 août 2009

Sécurité privée, organisations patronales :
Le temps de l'affichage et celui de l'action.
Délicate mission que celle de représenter dans toute sa diversité une profession particulièrement hétérogène et un métier en pleine maturation. Une seule ligne de conduite est requise : la défense de l'intérêt général de la profession, de ses entreprises, de ses entrepreneurs et par là même de ses salariés actuels et futurs.

Cet exercice exigeant doit être associé à la prise d'initiatives concrètes en faveur de la professionnalisation du secteur et du respect des bonnes pratiques professionnelles, sociales et réglementaires. A cela doit s'ajouter l'incontournable réelle volonté d’agir, de construire, de changer la donne et non de gesticuler, de se contenter de donner le change, de faire de la "com" , voire d'entretenir savamment le sur-place , sinon le statu quo , en faveur de tel ou tel intérêt personnel, collectif ou institutionnel. Dans ce dernier cas de figure comme beaucoup trop souvent dans le monde médiatiquo-politique : l’affichage de la volonté l'emporte sur la réalité, le concret ,le terrain.

Ce type de management patronal marche un certain temps. Mais, cela ne marche et marchera plus parce que dans l'univers opérationnel du vrai métier incontournable qu'est devenue la surveillance humaine, c'est désormais la culture des résultats qui prévaut. Et les résultats ne sont pas au rendez-vous. Je n'en veux pour preuve que la permanence structurelle de problèmes globaux dans le secteur malgré un encadrement réglementaire sans cesse renforcé. Ce mode de gestion de la représentation patronale, s'il a semblé parfois avoir la main, a donc visiblement atteint ses limites. On constate que s'il a occupé le devant de la scène, il n'a rien durablement résolu. Pire l'insécurité juridique dans laquelle continue depuis des années à évoluer le secteur persiste, gangrène, obère l'avenir du secteur, l'existence même des entreprises .

Certains ont-ils intérêt à ce qu'il en soit ainsi ?

D'aucuns inquiets et soucieux des prérogatives régaliennes en matière de sécurité et des effectifs publics pensent qu'il faut craindre une sécurité privée forte , performante, professionnelle et que la maintenir dans un statut d'infériorité n'est pas inutile et permet en plus d'afficher une posture des plus "républicaine" ! D'autres, côté prestataires privés, il faut l'écrire et le dire sans détour, ont intérêt à apparaître comme -peu ou prou- des recours ou des " outsiders " dans le marais ambiant.

Enfin, l'intérêt - à très court terme mais bien actuel- des clients qu'ils soient publics ou privés n'est pas à démontrer ici ...

Il ne s'agit pourtant pas de savoir à qui profite cette situation.

Il s'agit de se saisir de toutes les occasions opportunes pour faire voler en éclat ce cercle vicieux pour favoriser l'émergence d'un secteur solide et respectueux représenté par une organisation professionnelle consolidée dans la diversité.